Angedeverre

Un Ange. Parfois de Verre. Parfois de Fer.

27 mai 2009

RENAISSANCE

Pictue_love_bondageElle se présenta au rendez vous qu’Il lui avait fixé

Elle avait pris soin de s’habiller comme Il aimait

Sans culotte, toujours

Les seins libres, toujours

Elle était trempée, comme toujours

Lorsqu’elle avait croisé son chemin, elle était une boussole folle

Plus la moindre estime d’elle-même

Pas plus en les autres

Plus le moindre intérêt pour des sentiments simples

Et puis Il avait représenté le Nord

Il lui avait parlé de ses désirs

Il lui avait montré la voie de l’obéissance et de l’appartenance

Cependant, au fond d’elle, le besoin de se salir demeurait tenace

Son masochisme la poussait à se galvauder auprès de gueux

Elle éprouvait un doute à croire en sa sincérité

Elle avait tellement cru, elle avait tant donné

Elle avait tant aimé, et aussi tant souffert

Elle monta doucement les marches

Au creux de sa main droite un fourmillement la gagna

Depuis une semaine la plaie était presque guérie

Il la lui avait infligée un mois auparavant en écrasant son cigare incandescent au centre de sa paume.

Lorsqu’elle avait eue l’audace de souhaiter demeurer sienne après s’être fourvoyée en compagnie d’un minable quelconque.

Il lui avait demandé de réfléchir à ce qu’elle souhaitait vraiment, le temps que la brulûre se résorbe

C’était une punition sévère mais juste

Elle l’avait largement méritée, elle le savait désormais

Les soirées et les clubs grouillent de ces Mad Max forts en gueule, qui au petit matin, ne valent guère plus qu’un étron frais

Elle en avait pleuré et bavé de douleur des nuits entières

Elle l’avait appelé

En vain

Elle était venue sonner

En vain

Elle s’était abstenue depuis de tout contact avec ce qu’Il désignait par « L’humus » :

Pêle-mêle, les pédés, les tarlouzes, les dominas méritant des baffes, les lesbos, les trans’ et surtout les petits messieurs secs des couilles mais plein d’arrogance

Elle ne voulait plus de cela.

Elle se dit qu’elle était amoureuse

Vraiment

Elle voulait juste être aimée et lui appartenir

Entièrement

Totalement

Elle sonna

La porte s’ouvrit et une domestique la fit entrer

Quelques instants plus tard, lorsque la porte de son bureau s’ouvrit

Elle sentit son cœur battre très fort

Il vint à sa rencontre, souriant, et l’embrassa

Elle se laissa aller contre cette épaule chaude

Elle trembla de sentir son souffle court caresser la base de sa nuque

Ses bras étaient puissants et tendres à la fois

Elle sentait son torse dur contre lequel ses seins s’écrasaient doucement

Elle vit son regard brillant, excité, joyeux, complice

Elle y décela une certaine tendresse et de l’impatience

Elle souhaita lui dire les sentiments qu’Il lui inspirait …

Peut être un jour, lui donnerait elle un enfant … Une fille …

Oh, oui, elle aimerait tant avoir une fille de Lui !

Une jolie petite fille vêtue de jolies robes blanches à manches ballon.

Qui porterai des rubans bleus marines pour maintenir sagement ses jolis cheveux

Elle jouerait du violon et aussi du clavecin

Elle ferait de la danse classique, de la peinture et du dessin

Et puis aussi …

La main qui venait de lui saisir les cheveux n’était plus tendre

Elle réprima un sanglot et tomba à genoux

Il présenta son membre dur et gonflé à sa bouche et elle s’exécuta docilement

Lorsqu’il la plaça en travers des coussins pour investir son ventre elle se laissa disposer

Plusieurs fois il la mena au bord de l’orgasme en lui demandant de se retenir et ne point jouir

Cela la rendait folle

Elle finit par se crisper sur le membre dur qui la transperçait

Il jouissait en elle

Elle sentit un vertige tant son plaisir était fort

Ils restèrent longtemps ainsi, silencieux

Elle finit par demander l’autorisation de parler, ce qu’Il accepta

Par cette marque au creux de sa main, lui dit-elle, Il l’avait lavé de toutes les souillures passées

Jamais une autre femme ne mériterai autant qu’elle d’être régulièrement punie et corrigée

Car jamais elle ne se pardonnerai les bassesses auxquelles elle s’était livrée avant qu’Il ne la recueille

Il l’écouta attentivement

Son regard voyageait sur ses courbes, revenait à sa main immobile, plongeait dans son regard, puis reprenait sa course

Doucement, elle vit son sourire renaitre

Il ouvrit le tiroir d’un petit meuble et en sorti un épais ceinturon à large bande dont il fit grincer le cuir

Sa bouche vint à la rencontre de la sienne et Il l’embrassa comme cela se passe dans les livres

Lorsque la large lanière s’abattit violemment sur ses reins offerts elle ne fut que légèrement surprise

La douleur irradiait et elle se sentait bien

Cela dura et aucune partie d’elle ne fut épargnée

Parfois leurs regards se rejoignaient

Certains instants elle enfonçait sa tête dans les coussins

A certains autres, sa bouche avalait le sexe dur qui lui était présenté

Elle était heureuse d’être ainsi lavée, relavée, perpétuellement régénérée et purifiée

Elle lisait dans son regard tout le plaisir et toute l’attention qu’Il lui portait

Elle avait trouvé sa voie

Celle qu’Il lui avait proposée

Elle s’abandonnait au ceinturon

Dans son esprit, l’image de cette petite fille sage, en robe blanche, les cheveux noués, jouant du clavecin, qu’elle souhaitait un jour lui offrir, raviva encore son sourire et son plaisir de femme désireuse et soumise.

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05 mai 2009

AIRPORT 2009

2932505318_28c247da9bElle avait quitté son bureau tard. Comme d'habitude, pas un taxi n'était disponible et elle avait du se résoudre à rejoindre la Porte Maillot pour prendre la navette qui l'emmènerait à l'aéroport de Roissy. Elle n'avait qu'un léger sac de voyage qui équilibrait un peu les charges avec le Pc portable qui pesait sur son épaule droite. La circulation était bouchée, elle s'était rongé les ongles durant tous le trajet, priant pour qu'il se produise un miracle. Mais le miracle n'avait pas eu lieu et lorsqu'elle se présenta à l'enregistrement, l'avion pour Budapest avait quitté la piste depuis six petites minutes. L'hôtesse lui apprit que le prochain décollage aurait lieu le lendemain matin vers sept heures. D'ici la, il n'y avait rien de disponible. Sandra était folle de rage. Son week-end avec son amant était compromis dés le départ. Elle pensa à le joindre, mais referma aussitôt son téléphone : C'était inutile, elle ne se sentait pas d'humeur ni de taille à lutter contre lui lorsqu'il apprendrait ce qui se passait. Au pire, il ne la croirait pas et cela la rendrait encore plus enragée. Ils avaient prévu ce week-end depuis des semaines. Marc lui avait parlé du Château de Buda, du Palais Sándor, de l'Eglise Mathias et de la Bibliothèque Széchenyi. Ils devaient passer quarante huit heures à mêler agréablement culture des civilisations et jeux sulfureux. Sandra frissonnât dans son trench-coat et avança sans but au milieu des quelques voyageurs qui rejoignaient en hâte leurs plateformes d'embarquement. Elle sortit et alluma une cigarette. Il faisait nuit et il pleuvait. Six minutes. Six petites putains de minutes. Trois cents soixante vérolées de secondes. Et dans quelques heures son portable sonnerait. Que dirais t elle ? Que répondrais t il ? Elle inspira plusieurs fois très profondément la fumée acre qui lui brulait les lèvres puis rentra dans l'aéroport pour aller s'asseoir. Elle avait besoin de réfléchir.

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Pierre avala le fond de son verre et fit signe au barman. Lorsque celui ci le resservit, il lui indiqua également que l'établissement n'allait pas tarder à fermer. Un employé poussa prés de lui un roll bourré de volumineux sacs poubelle. Il évalua d'un regard que l'immense hall grouillant habituellement de voyageurs était totalement désert. Sa montre lui confirma l'heure tardive. Il était arrivé dans la soirée de Washington et son vol pour Djakarta n'était que demain matin tôt. Il fit tinter le glaçon contre la paroi de son verre et un léger sourire éclaira son visage. La semaine avait été difficile mais son armée d’avocats avait fait du bon boulot. Il ne cédait finalement aucune part et son Exe épouse était repartie une main devant, une main derrière. En sortant du palais de justice, elle l'avait copieusement insulté et il avait profondément lutté pour ne pas lui administrer un aller-retour magistral. La suite avait été plus agréable. Il avait sabré le champagne avec toute l’équipe de ses défenseurs, puis avait diné légèrement en leur compagnie avant de rejoindre son vol pour Paris. Une nouvelle vie commençait. Une nouvelle vie ? Plutôt, la même, mais avec la liberté totale en prime. Cette pauvre chienne lui avait gâché cinq années. Incapable de lui donner un enfant, elle n'avait en prime jamais accepté ses désirs qu'elle qualifiait de "sauvages et pervers". C'était une petite bourgeoise de Boston qui lui avait plu et l'avait amusé au début. Mais son féminisme exacerbé de bonne américaine avait finit par l'agacer, l'éloigner et finalement il s'était décidé à stopper les frais. Le barman lui tendit sa note. Pierre lui tendit un billet, avala le scotch glacé et décida de trouver une chambre dans l'un des hôtels voisins.

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Elle se sentait étrangement bien. Nullement droguée ni saoule. Juste apaisée, calme, relaxée, en sécurité. Elle était spectatrice de son corps et de sa pensée. Et cela lui plaisait autant de le vivre qu'elle était amusée de le constater. Pas une seconde l'idée de se retrouver en pareille situation ne lui aurait effleuré l'esprit. Il l'avait abordé en lui réclamant une cigarette car, étant en transit  en provenance des Etats Unis, la vision d'une femme libre fumant lui avait redonné quelques espoirs en la libre autodétermination des individus. Ensuite, un mot en entrainant un autre, elle avait fini par se laisser convaincre de ne pas passer la nuit misérablement dans la salle des Check-in mais plutôt de l'accompagner pour prendre une chambre dans un motel voisin. Sur place, une fois encore, il avait eu un aplomb incroyable. Au réceptionniste terne et fade qui lui avait opposé la complétude des capacités, offrant dans un bâillement une chambre simple au tarif double, il avait précisé appartenir au comité de direction de la chaine. Tandis que l'autre se décomposait, il l'avait assuré de remontées très hautes et vigoureuses. Il lui avait fait habilement entrevoir un licenciement dans les heures à venir. Finalement, il avait obtenue la suite habituellement réservée au directeur de l'hôtel. Quelques instants plus tard, un plateau de charcuterie finement ciselée et deux bouteilles de Champagne brut vinrent les combler. Il ne manquait que l'œillet sur l'oreiller et la boite de chocolat pour que le marchand de sommeil ne se transforme en palace. Ils avaient ri. Elle avait aimé cette nature forte et pourtant si finement psychologue. Tout de suite, il l'avait rassuré, expliquant que son vol était dans quelques heures à peine et qu'il dormirait dans le canapé lui laissant la jouissance du grand lit. Elle avait souhaité aller prendre une douche. A un instant, il avait passé son bras sur le bord du rideau trempé et lui avait offert une coupe avant de disparaitre sans un mot. Elle en avait ri en silence. Ce type était un fabuleux original. Lorsqu'elle était sortit dans un nuage de vapeur, les cheveux relevés en turban, il était allé chercher sa coupe, l'avait rempli et lui avait désigné le canapé proche de la baie vitrée d'où l'on apercevait au loin les spots clignotants qui symbolisaient une piste. Elle était à présent nue et propre sous un peignoir d'éponge épais. Il l'avait remplacé sous le jet tiède. Elle écouta un instant l'eau couler, puis son regard dériva vers la baie vitrée et au delà vers la piste lointaine. Peut être était ce celle qu'elle aurait du emprunter au décollage. Peut être était ce celle sur laquelle elle était sensée atterrir dans deux jours... Etrangement, elle ne se sentait plus fautive. Elle n'avait plus hâte d'arriver à Budapest. Elle n'avait plus hâte de vivre quelques heures volées à une autre, entre les bras d'un homme qui ne l'estimait pas plus qu'un galet trouvé sur une plage. Il était marié. Il avait trois putains de mômes conçus avec une chienne sans aura. Il ne quitterai jamais ce petit paradis artificiel. Elle se fourvoyait auprès de lui. Elle perdait son temps, sa santé et son idéal. Soudain, tandis que l'eau lui parvenait de la douche comme une source apaisante, rassurante et bienfaisante, et que son regard scrutait l'obscurité, ses idées lui parurent plus claires, plus simples, plus ciblées, dans la droite ligne d'une piste qu'un pilote doit suivre pour éviter un crash. Elle était Libre. Elle était Belle. Elle valait bien mieux que des week-ends volés et secrets, sans perspective ni ligne d'horizon. Un sourire commença à naitre sur ses lèvres, mais s'éteignit presque aussitôt. Oui, elle était libre...mais cette liberté lui pesait. Elle se voulait encadrée, objet d'attention, objet de soumission, objet de plaisir. Un désir pas simple à assumer a l'époque des working-womens. Encore moins évident a communiquer a des types si peu surs d'eux et élevés par des féministes post-soixante-huitardes qui leur avaient bourré la tète de codes divers.

Elle était nue et debout dans l'obscurité face à la baie vitrée lorsqu'elle sentit son torse humide qui appuyait légèrement contre son dos. Elle ne frémit pas. Mieux, lorsqu'elle vit son bras la survoler et approcher de sa bouche un verre plein, elle se laissa aller contre lui. Il se passa alors une chose qu'elle n'aurait pas imaginée dans son rêve le plus fou. Elle buvait librement un tendre breuvage, et dans le même temps une main fouillait les lèvres de son sexe tandis qu'une langue humide et chaude se frayait un chemin vers son anus. Elle écarta docilement les cuisses et s'offrit aux caresses qu'elle ne voyait pas, son regard scrutant toujours la piste  dans le lointain. La langue était douce, chaude, humide, caressante. Les doigts étaient aériens, habiles, affolants. Cet homme avait simultanément prit possession de son sexe qu'il maniait tendrement tandis que sa langue fouillait son anus comme une bête en rut et elle fut surprise de sentir qu'elle fondait et s'ouvrait sous cette caresse sauvage. Bientôt son verre fut vide et elle voulut aller se resservir pour échapper un instant à ce traitement. Mais il la suivit docilement, adaptant ses gestes aux siens. Sandra ne put retenir l'orgasme qui la saisit. Elle venait de traverser le salon, avec deux doigts profondément fichés dans son cul et tandis qu'elle inclinait la bouteille vers son verre, la langue tant désirée venait de s'appliquer doucement sur son clitoris tendu. Elle lâcha la bouteille d'une main et le verre de l'autre. Elle enfonçât ses doigts dans l'épaisse chevelure de cet homme qui lui faisait face et dans la bouche duquel elle était en train de jouir et de se vider a en avoir honte. Lui la maintenait par les hanches d'abord, puis il saisi ses poignets et enfin enfonça son visage au plus profond de son ventre pour y demeurer immobile tandis que les spasmes la fauchaient en saccades.

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Elle bascula sur le lit. Son orgasme était énorme. Jamais Hervé son mari ne lui avait offert autant de bonheur et de plaisir en quinze ans de mariage. Elle sentit soudain sur sa peau encore moite de fines lanières qui la caressaient et releva la tête. Presque immédiatement elle senti une lave brulante tracer sa marque dans les chairs de son dos et elle hurla. Un second coup vint la faucher en diagonale mais elle avait le souffle court. Lorsque le troisième lui lacera les fesses elle explosa en sanglots et tenta de se débattre et d’esquiver le coup à venir. Une main ferme lui saisi la tête. Devant elle, le visage de celui qui avait été son tendre amant semblait être désormais un masque de pierre. En une formule rapide il lui ordonna le silence. La chaleur de sa main sur sa peau et son ton à la fois tendre mais impérieux la firent chavirer. Elle étouffa un sanglot mais se força à rejoindre le centre du lit afin de s’y offrir en croix, les quatre membres tendus vers les extrémités. Elle fut fouettée longuement, méthodiquement. A un moment elle demanda une pause et le fouet s’arrêta comme par magie. A tâtons, dans le noir, elle réclama le droit de boire et de se soulager. Les deux lui furent accordés et elle vécu cela comme dans un rêve tandis qu’une main impérieuse la guidait et la disposait. A son retour, ses yeux qui ne voyaient déjà que peu de choses furent délicatement bandés. De nouveau disposé a quatre pattes sur le lit, elle découvrit ébahie et honteuse le plaisir et le trouble d’être pluguée. Et encore plus d’être pluguée doublement. Tout se passait pour elle comme dans un rêve. Si elle avait bien conscience que ce qui se passait était la réalité et qu’elle pouvait éventuellement interagir ou se rebeller, cela lui semblait impossible, indécent, déplacé, comme le fait d’éternuer dans le final du Lac des Cygnes. Elle était large. Indéniablement. La cyprine abondante n’y était pas étrangère, mais jamais cet abruti d’Hervé, son mari, n’avait su faire naitre en elle cette sensation ni lui faire découvrir ce trésor. Pendant de longs instants il joua avec elle immobile. Ses orifices s’ouvraient, se fermaient. Elle haletait. Son regard était aveugle. Les plugs entraient, sortaient, la sondaient, la remplissaient, la vidait … Elle couinait, réclamait, se rebellait, implorait. Pendant toute la nuit elle fut fouettée, cravachée, se prêta a divers jeux que son amant exigeât d’elle, et toujours elle se montra docile. Alors que ces membres étaient libres elle n’esquiva jamais le moindre geste réel de rébellion. Lequel lui aurait immédiatement valu d’être puni extrêmement sévèrement. Sandra vivait et devenait elle-même, tout simplement. Pendant des années, une éducation féministe lui avait enseigné d’être le plus autonome possible et de ne jamais compter sur un homme. Elle était à présent entre les mains d’un homme qui la rendait folle de plaisir. Les soucis existentiels de son employeur ou des puceaux mal dégrossis du CAC40 lui semblaient bien lointains. Un plug lui vrilla le ventre, une lanière la saisi sur la taille et dans le même temps un membre vigoureux investi sa bouche sans ménagement tandis qu’une main sur sa nuque ne lui proposait que peu de résistance. Sandra reçu tout cela en même temps comme autant de cadeaux et d’hommages offert a sa féminité. Sa chatte était élargie, son dos la brulait, et bientôt sa gorge fut remplie d’un liquide chaud qu’elle mit un point d’honneur à avaler jusqu’au dernier spasme de celui qui allait devenir son Maitre.

Au petit matin, Pierre emmena Sandra a bord d’un  F-14 spécialement réservé vers Djakarta. Elle abandonna dans l’instant tout ce qui la retenait en France.

Il fallut quelques mois pour que les situations de chacun soient régularisées.

Désormais ils vivent à Djakarta.

Pierre est rentier. Sandra est devenue son épouse et sa Soumise.

Ils sont heureux ensemble et jouissent de milles plaisirs quotidiens.

Sandra est une soumise assidue et méritante.

Pierre envisage d’en faire son esclave.

Sandra se réserve le temps de la réflexion mais n’a pas encore refusé ...

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22 février 2009

GROS BLUES D'HIVER

teddy_2Parce que parfois la solitude pèse intensément.

Parce qu’un esprit avisé sait qu’un one shot avec une évaporée rendra inéluctablement le lendemain plus triste et glauque encore que l’avant-veille.

Parce qu’une nouvelle Bdsm ne représente pas la « vraie vie ».

Parce que des belles choses simples douces et fraiches peuvent être dites en peu de mots, en peu de phrases …

Je vous offre cela :

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25 juillet 2008

LA CLINIQUE DU DOCTEUR TRASH

anihauntedhouseWendy ne parvenait pas à réaliser que ce qui se produisait était bien réel. Pourtant, elle était bien assise dans ce large fauteuil de cuir acajou, encadrée de deux cerbères, faisant face à l'immense baie vitrée qui s'ouvrait sur l'océan Atlantique. Son amant et Maître faisait les cents pas en compagnie d'un homme grisonnant entièrement vêtu de blanc, un stéthoscope négligemment rangé dans la poche de sa blouse. Lorsqu'ils arrivèrent à sa hauteur, son Maitre prenait congé et ils serrèrent la main.

- « N'ayez crainte cher ami, dans moins d'une semaine, elle sera comme vous la souhaitez »

Elle s'attendait a ce qu'il lui parle. Elle aurait voulu qu'il lui dise au moins au revoir, qu'il lui fasse un signe quelconque, mais il se détourna sans le moindre regard pour elle et se dirigea vers la sortie.

- « Bonjour. Je suis le docteur Trash, nous allons nous occuper de vous »

Wendy leva le visage vers lui et senti un profond malaise l'envahir en découvrant les yeux gris métalliques qui la fixaient. Les lèvres minces demeurant serrées. Elle respira profondément.

- « Ecoutez, j'ignore qui vous êtes, j'ignore où nous sommes, et j'ignore ce qu'il vous a dit, mais... »

Une claque magistrale la fit vaciller, et sous la douleur autant que sous la surprise elle fondit en larmes.

Le docteur Trash reprit sur le même ton monocorde :

- « Non ma petite amie, c'est vous qui allez m'écouter. Vous n'êtes plus avec votre Maître. Vous avez suffisamment abusé de son immense patience. Il m'a chargé d'obtenir de vous ce que vous lui refusez depuis trop longtemps : Votre obéissance. Dans quelques jours, vous serez diffèrente. Je lui en ai fait le serment, et je connais bien mon métier. Allez ... »

Joignant le geste à la parole, il fit signe aux deux sbires. Ceux-ci la saisirent sous les aisselles, la décollant littéralement du sol, et l'emmenèrent vers un vestibule tandis qu'une terreur immense l'envahissait et que ses hurlements envahissaient l'espace.

Combien de temps avait-elle dormi ? L'avaient ils droguée ? Un léger pansement à la saignée du coude le lui confirma. Sa chambre était un simple cube aux murs blancs sans la moindre décoration. Elle était allongée sur un matelas recouvert de latex noir épais, et un drap de la même matière mais plus fin recouvrait son corps nu. Ses deux poignets et ses deux chevilles étaient solidement fixés à l'armature tubulaire et métallique du lit, par des bracelets de cuir épais et cadenassés. Soudain la porte s'ouvrit, livrant le passage à une infirmière vêtue comme une nurse anglaise de l'époque Victorienne.

- « Bonjour. J'espère que vous avez bien dormi. C'est l'heure de votre toilette »

Wendy la vit déposer un plateau contenant un blaireau, un rasoir mécanique et une bombe de mousse. Le drap de latex vola et elle se retrouva instantanément exposée dans sa plus stricte intimité aux regards de cette femme inconnue. Elle tenta de resserrer ses genoux, mais tout mouvement était rigoureusement impossible. L'infirmière lui appliqua la crème, ne semblant même pas entendre ses protestations, puis Wendy senti la lame craquer contre ses poils, et un torrent de larmes de colère mêlée de honte la maintint suffocante tout le temps que dura l'opération. Ce ne fut que vers le soir que le docteur Trash lui apporta une purée de carotte froide qu'elle avala à la petite cuillère, heureuse d'avaler enfin un aliment et humiliée d'être forcée de devoir docilement ouvrir la bouche presque malgré elle à chaque nouvelle cuillérée.

- « Vous êtes idiote. Idiote et stupide. On ne vous demande pourtant pas la lune. Juste d'obéir et de vous renier. Faites ce qu'on vous demande et tout se passera bien ». Ce furent les seuls mots que le docteur prononça. Ils la hantèrent longuement tard dans la nuit, avant que, épuisée d'avoir trop hurler et appeler vainement, elle ne sombre dans un sommeil agité.

Cela ressemblait à de l'acier en fusion qui striait son corps. Wendy s'éveillât en poussant un hurlement bestial. De chaque coté de son lit, les deux sbires de la veille s'acharnaient sur son corps, avec de fines badines. Ils la couvraient copieusement de marques profondes qui violaçaient instantanément. Hurlante et sanglotante, frénétique dans ses liens qui lui sciaient poignets et chevilles, elle subit ce traitement jusqu'à sombrer de nouveau dans la torpeur, cette fois ci d'évanouissement.

Lorsqu'elle s'éveillât de nouveau, son corps l'élançait comme si chacun de ses os avait été broyés. En outre, son bas ventre semblait dur comme de la pierre, mais elle ne parvenait pas à en comprendre la raison. Une plainte s'échappât de sa gorge nouée. L'infirmière de la veille entra.

« Bonjour. Comment allez vous aujourd'hui ? »

Wendy la regardait, hébétée. Elle voulut hurler, mais immédiatement son instinct de survie lui recommenda de ne surtout pas le faire. Une fois encore le drap de latex qui la couvrait vola à travers la pièce et la nurse inclina dans sa direction une grande glace qui lui permit d'observer son entrejambe : un énorme gode en latex noir à la circonférence impressionnante la maintenait ouverte. Il était maintenu par de fines lanières de cuir nouées autour de sa taille. Ses grandes lèvres qui suintaient de cyprine etaient rendues encore plus indécentes par son absence de pilosité toute récente.

L'infirmière s'approcha, une assiette de légumes bouillis en main.

Wendy fondit en larmes, mais sans un mot, elle ouvrit la bouche, résignée.

Combien de temps resterait elle ici ? Quel était cet endroit ? Qu'allaient ils faire d'elle ? Wendy goûta quelques heures de répit, le visage tourné vers l'unique baie vitrée clôse d'où elle pouvait apercevoir l'océan immense qui moutonnait. Elle avait fait une monumentale erreur le soir ou elle s'était laissée accostée au bar de « l'Etoile » par ce fringuant quadra qui lui avait fait une cour aux parfums d'Honfleur, de Jaguar et de petits déjeuners au Plazza Athéné. Il s'était vite révélé très exigeant, pointilleux, et dirigiste. Elle était jeune, belle, dirigeait sa vie sans difficulté et prenait même un plaisir immense à faire régner une terreur latente dans le service qu'elle dirigeait au sein d'une multinationale. Il la voulait à Lui. Elle se voulait à Elle. Pas une seconde elle n'aurait pu imaginer son stratagème lorsque l'autre soir, il lui avait proposé de l'accompagner en voiture pour son congrès près de Mimizan, lui épargnant ainsi les affres d'un voyage inconfortable en train de nuit.

Wendy ne vit personne jusqu'au lendemain matin, et c'est baignant dans ses excrément, qu'elle vit entrer les deux sbires. Ils étaient armés de longs martinets tressés. Lorsque son premier hurlement retentit, la première lanière la cingla, faisant éclater l'une de ses boursouflures de la veille qui se remit à saigner aussitôt. Une autre suivi, puis une troisième et le rythme infernal semblait ne jamais prendre fin quand brusquement il s'interrompit :

Le docteur Trash venait d'entrer dans la chambre, accompagnée de l'infirmière du siècle dernier. De son regard implacable, il inspecta rapidement les traces, zébrures, estafilades diverses et parut satisfait. Il se pencha jusqu'à ce que son visage touche presque celui de Wendy.

- « Alors ? Est-ce que ça rentre ? Est-ce que vous arrivez à comprendre désormais quelle est votre condition ? Quelle est la seule que nous souhaitons vous voir assumer ? »

Pour toute reponse, Wendy ferma les yeux et se mordit la lèvre.

Le docteur se retourna vers la nurse :

- « Mademoiselle, je vous serai gré de bien vouloir nourrir cette chienne légèrement, car elle est encore trop grasse, et pour lui apprendre à être propre vous lui ferez un lavement de trois litres additionné de paraffine. Cela rendra son anus de pucelle bien plus accueillant ». Puis il consultât sa montre et disparut, visiblement attendu ailleurs.

Wendy vit l'un des deux gorilles s'approcher d'elle et dénouer les lanières enroulées autour de son ventre. Lorsque le gode gigantesque quitta son intimité, elle hurla. Ses lèvres distendues étaient irritées et elle sentait une béance épouvantable. L'infirmière lui présenta une cuillerée de riz au lait, et elle s'attacha à tout manger sage, attentive, précédant presque les désirs de cette femme.

Le lavement fut long, douloureux, et Wendy dut prendre énormément sur elle, car chaque plainte était ponctuée d'une balâfre supplémentaire que l'un des deux sbires lui infligeait avec un sadisme évident.

Lorsque l'autre lui présenta la bassine, elle cru qu'elle allait mourir de honte. Paradoxalement, elle éprouvait une difficulté certaine à se soulager, malgré les litres d'eau additionnée qui pesaient sur son ventre.

- « Je voudrais pouvoir m'accroupir » suppliât elle.

- « Il en est hors de question, les ordres du docteur Trash sont formels » lui répondit la nurse.

Pour la première fois depuis son arrivée, l'un des deux sbires prit la parole et proposa d'aider. Avec effroi, Wendy le vit enfiler un gant fin de latex et plonger son bras entre ses cuisses sans mettre de gel. La sensation d'écartèlement fut intense. Forcée par cet avant bras planté dans son ventre dilaté, Wendy rendit son lavement par jets saccadés.

Il se produisit alors quelque chose de stupéfiant qui lui fit presque perdre la raison : l'anus palpitant et les muscles du vagin crispés involontairement sur ce bras qui la perforait, elle se mit à jouir comme une démente, le dos arc-bouté, tirant sur ces liens comme une furie. Sa jouissance ne semblait plus vouloir la quitter, elle enchaînait les orgasmes, hurlant sans retenue, ayant perdu tout repères.

Lorsqu'elle se retrouva seule dans sa chambre, à bout de souffle, Wendy était une femme brisée. Du moins le croyait elle. Ce fut sur ces funestes pensées, dans des torrents de larmes, qu'elle finit par s'endormir.

Au petit matin, Wendy perçu de la musique. Elle reconnu instinctivement du fond de son sommeil la 147ème cantate de Jean-Sébastien Bach. Alors que ses douleurs la lançaient encore un peu, elle se sentit incroyablement « propre de l'intérieur ». Comme si tous les sévices qu'elle avait enduré additionnés à la jouissance sans commune mesure qu'elle avait eue la veille, l'avaient lavée et avaient emporté avec eux les tombereaux de merde intellectuelle qui lui obscurcissaient l'esprit depuis de si longues années. Depuis l'adolescence très exactement. Elle avait été interne à Danielou d'abord, puis à la Légion d'Honneur ensuite. On lui avait enseigné qu'une femme devait être battante et indépendante. Que l'ordre séculaire était fait pour être bousculé, voire pietinné. Alors, pour plaire à ses parents, pour être identiques à ses amies, pour plaire (pensait-elle) aux divers compagnons qui avaient traversé sa vie, elle s'était consciencieusement fondue dans le moule que l'on avait créé pour elle. Ce ne fut pas sans une certaine appréhension qu'elle laissa éclore dans sa conscience ce qu'elle ressentait à présent :

Oui, elle était une chienne.

Oui, elle se plaisait à subir.

Oui, elle aimait être forcée.

Oui, elle voulait désormais que l'on choisisse pour elle, et ne plus rien décider.

Elle en était là de ces réflexions lorsque la porte de sa chambre s'ouvrit et que les deux sbires pénétrèrent. Un instant elle eut peur et se crispa. Puis dans un demi-sourire, elle s'abandonna, frissonnânt par avance de devoir subir un quelconque traitement qu'elle ignorait, et ne voulait surtout pas connaître par avance.

Elle fut presque déçue, lorsqu'elle les vit défaire, presque avec déférence (ce qui tranchait singulièrement avec ce qu'elle attendait d'eux) les quatre points d'attache qui la maintenaient nuit et jour.

La nurse Victorienne entra à son tour portant un plateau ou trônait du raisin muscat, du café fumant, de la brioche beurrée, ainsi que le journal du jour et, suprême raffinement, une rose Charles De Gaulle à peine épanouie.

Tous trois lui sourirent, ce qui lui semblât presque inconcevable et quittèrent la chambre sans bruits, ni paroles, ni offenses.

Elle était Libre. Pourtant cette Liberté nouvelle lui semblait fade. Comme un tableau inachevé, comme un périple avorté.

Wendy mangeait de bon appétit lorsque soudain un interphone mural surmonté d'un micuscule objectif qu'elle n'avait jamais remarqué (elle comprit que tous son séjour était demeuré sous contrôle permanent) l'informa de l'heure et de son devoir de se préparer. Elle termina son petit dejeuner, alla prendre une douche brulante et trouva ses affaires bien rangées dans une armoire.

Apres une demie heure d'attente qui lui parue une éternité, la porte verrouillée de sa chambre s'ouvrit avec le chuintement caractéristique d'un Spa.

Le docteur Trash apparu, seul.

Wendy sentit son estomac se tordre.

L'homme en blouse blanche s'accroupit et sortit de sa poche un objet qu'il lui présenta, main ouverte, bras tendu vers elle.

- « A quatre pattes, viens chercher...»

Wendy hésita, puis se surprit à tomber à genoux dans son tailleur. Elle posa une main hésitante sur le lino. Bientôt suivi la seconde et doucement elle s'approcha de la main tendue. Une boulette de viande crue s'y trouvait.

Apres un regard au docteur qui la fixait de ses yeux durs, mais qui souriait doucement, elle avança sa bouche et docilement attrapa entre ses lèvres la boulette qui lui sembla divine. Ce goût de sang, ce goût de vie tiède, ce goût de mort assaisonnée lui plu.

- « Il est temps désormais pour toi de regagner ton univers. Celui que ton Maître a choisi pour toi et auquel tu devras désormais t'astreindre sans ne plus jamais provoquer son courroux. Faute de quoi, il serait prompt à te ramener vers moi. Comprends-tu ? »

Wendy le fixa. Elle fit un signe d'acquiescement silencieux puis lécha dans sa main toujours offerte les reliquats de viande, sans le quitter des yeux.

Elle se sentit fière lorsqu'elle apparue dans le hall marbré de la clinique, avançant à quatre pattes, maintenue par un collier que reliait une laisse courte, tenue par le docteur.

Son Maître était présent, debout, trempée de la fine bruine matinale.

Il lui adressa un sourire timide. Elle vrilla ses yeux dans les siens en gage d'offrandes à venir. Des offrandes qu'il n'imaginait peut être même pas.

Wendy ne retourna plus jamais à la clinique du docteur Trash.

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17 juillet 2008

L'INITIATION

Lavement"Je veux te voir les yeux plein de magie, les tempes en nage et le souffle court. Ce sont des jeux secrets que tu ne connais pas". J'aurais pu ajouter la celèbre phrase "Ne dit rien à personne" mais elle est fraichement majeure. Cela l'amuse même de faire la nique à ses parents bourgeois. Elle me répond : "Qu'importe la loi ? Cette chienne, cette pute, qui regie sans comprendre, sans ecouter, sans admettre, car pour elle tous les cas sont egaux ? ". Puis je dire en toute conscience le contraire ? Forcément non, puisqu'elle a raison. Je lui ressers un verre, intérieurement étonné de tant de maturité à cet age. Car enfin, sa mère, (la mienne à l'extrême limite) nous ont, des années durant, bercés de stupides discours sur l'avènement de la femme, cependant que sur la longueur du temps, beaucoup d'esprits avisés étaient revenus de ces utopies. Les anciens nous chuchotaient des messages aux soirées de veilles, pendant les vacances, quitte à se faire rabrouer à coup de casquette sur le nez : "Ne lui dis pas cela !! C'est mal !!". Ô mes chères grands-meres... Princesses de vertue que vous souhaitiez être... Pensiez vous donc que j'étais trop stupide ou peu aventurier pour ne point être capable de scruter chaque mètre carré que vous m'offriez de pouvoir occuper, et y découvrir éventuellement des trésors secrets ? Sachez et apprennez que j'ai consciencieusement lu des textes bien cachés, tandis que vous dormiez encore. Mes troubles vous furent inconnus, mais cependant bien réels. Puis je decouvris dans des placards dissimulés, des brocs en alliage ferreux, dont la blancheur immaculée rehaussée de bordures bleues marines, me laissait largement entrevoir la nature de se qui pouvait un instant donné, la corrompre et la souiller de la pire des manières... Ils étaient prolongés (les brocs) de tuyaux en caoutchouc et terminés par (je l'appris plus tard) ce que l'on nomme des canules. Vous voyez ? Bien malgré vous, vous m'avez donné le gout du vice, mais celui ci était déjà présent en vos murs. Je n'ai fait que découvrir, imaginer, inventer. A l'abri de vos regards. Toujours face à vous, j'ai évolué la bouche en coeur et le regard franc, tandis qu'en moi se forgeait doucement une double attitude.

Elle est venue vers moi, cette jeune demoiselle, avec un visage lisse, des yeux peints, légèrement cernés de mascara, comme on en abuse parfois à cet age tendre. Tailleur bleu marine, collier de perles et carré Hermès (piqués à Maman, juste pour ce soir... Ooohhhh alleeeeezzz, sois ccooooooooolll !!!) et elle s'étonnait de me voir siroter ma biere seule. Il fallut peu de temps pour qu'elle soit parasité. Adolescence. Effet de groupe. Plus sures ensembles que seules. Y compris dans une soirée ou de toute facon il n'y a que des boutonneux bachotards qui ne se sentent plus pisser du simple fait d'attaquer "Medecine One" en oubliant qu'ils ne seront plus que vingt pour cent maximum, pour embrayer sur la seconde année... Triste frime...

Sourires. Regards. Eminem à fond la caisse. Son front brille de sueur. Son chemisier sage semble faire la gueule. Elle tends l'oreille une fois ou deux vers mes paroles, ses seins volumineux soudés à la table qui nous sépare. Mais elle ne peux m'entendre car l'oisellerie des glands puants et des foufounnes négligées ne la lache pas du regard, ni de la voix. Ils forment une sorte de Pont des Soupirs (forcément frustré) au dessus de nos echanges improbables. Las, elle se lève soudainement et envoit promener une mini foule qui s'envole comme une nuée d'étourneaux. Les sobriquets vocaux fusent. Elle n'y attache aucune importance. Moi non plus.

Nous sommes donc dans une soirée où je n'ai exactement rien à faire. Ce genre de fête organisée par les grandes écoles pour se faire un peu de pub en cuitant le plus grand nombre en un minimum de temps. Ils bénéficient de l'appui franc et massif de sponsors pas franchement dénués d'arguments. Un type aux yeux rouges me bouscule et me propose une boulette. Je lui file un billet et récupère de quoi faire deux voyages. A noter : Le souvenir que je conserve de la tronche du bleu bite à qui j'offre les trois quarts de mon morceau contre deux Marlboros et deux feuilles de papier à rouler est a hurler de rire. Le môme me croit fou. Non, non, juste je l'ai déjà vécu avant lui. La gamine m'interroge : Comment ai je atterri ici déjà ?? Un ami a insisté et j'ai accepté. Mais je m'ennuie. Elle enchaine comme pour ne laisser aucun temps mort et j'écoute en roulant ranquillement mon cône... Pas Médecine mais l'Ecole des Arts ? Mazette ! Voila une aventurière. Avant que j'ai pu dire un mot, elle me sort tout son pédigrée depuis 1875 où son arrière grand-père fut participant à l'inauguration de l'Opéra de Paris créé par Charles Garnier. J'allume le cône. je tire, j'aspire, j'expire. Je souris et le lui tends. Elle hesite. Mais mon regard la fixe et semble lui rappeller qu'elle a dit elle même que la loi pouvait aller se faire mettre bien profond... Alors ces doigts frais frolent les miens et je la vois gonfler orgueilleusement son 95 D. Ensuite, cela devient plus rapide, plus simple, plus furtif. J'admire son sang froid. Dans une salle pleine à craquer, elle était face à moi, mais elle viens de disparaitre. Soudain je sens ses levres chaudes autour de ma queue raide. Ma main glisse sous la nappe blanche et je saisi à pleine poignée sa longue et voluptueuse chevelure. Il se passe un instant pendant lequel je savoure ses lèvres fraiches, aussi heureux que surpris. Cependant, lectures et masturbations sous l'égide de quelques boutonneux zélés ne font pas une experience... Et c'est ainsi qu'elle fut fort désapointée lorsque me sentant doucement mollir entre ses lèvres, elle sentit en prime ma main ferme lui ramener le visage à decouvert...

Loin du club, loin des pseudos remparts, loin de tous faux-semblants, à l'abri dans une alcôve que je souhaitais douce, elle accepta de devenir une femme entre mes bras. Je lui appris à s'offrir, je la fit frémir et se cabrer sous certaines caresses que son esprit, même embrumé, ne parvenait à concevoir. Il me fallut accoucher lentement de ses propres désirs, cette victime passive du Judéo-Christiannisme. Ce poison. Ce ferment subtil, indolore et inodore. Toutes les jeunes filles "comme il faut" le subissent, si elles n'ont pas le talent, la rage et la raison de tout renvoyer en bloc.

Etre esclave consentante d'un Homme oui !!! Etre esclave de Dieu... Jamais.

Ainsi, je lui appris qu'une femme respectable se devait d'être lisse plutot que présenter un Chemin des Dames hirsute et négligé. Elle en rougit et cela me fit plaisir. De même, je lui appris que sa seconde voie n'était surtout pas négligeable, semblable à un phare dans la nuit pour un marin en détresse. J'affrontais les yeux ronds de la candeur tandis que mes doigts en elle forgeaient l'expèrience. Des hululements, des vocables, du cathéchisme, puis un relâchement juste et serein. Lorsque ses yeux humides rejoignirent les miens brûlants de la braise du démon, des mots simples coulèrent comme des perles de ses lèvres : "Prends moi ...". A la bonne heure. Enfin. La teenager volubile et extravertie cèdait enfin la place à la simple et douce femelle, fragile, sensible, caline, excitée, désireuse et... Soumise. Plus tard dans la nuit elle gémit sous mon ceinturon de cuir. Elle fut attachée et baillonnée. Elle fut fouettée. Ma bouche était collée à son ventre, ses cuisses enserraient ma tête. Elle planta ses doigts dans mes cheveux et de sa gorge s'éleva un râle animal.

Si faire naître une femme est un souvenir Ad Vitam Eternaem, en revanche, elles sont généralement assez peu reconnaissantes. Et elle n'échappa pas à la règle : Cheveux au vent, jean's lacéré, pull en Shetland sur sa peau et sa poitrine nue, elle prit son billet pour Newhaven.

Il ne faut jamais demander à une pucelle pourquoi elle ne l'est plus.

Il ne faut jamais demander à une soumise pourquoi elle a quitté son Maitre.

Dans un cas comme dans l'autre, il n'y a que des réponses hésitantes et balbutiantes de pauvres gamines perdues...

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05 février 2008

NUIT MAGIQUE

FenetreBonjour à toutes et tous. C'est une vaste rêverie. C'est un voeu pieux. Mais j'y ai pris plaisir et je vous l'offre comme tel. A la fin de mon texte, vous retrouverez "Le Vieux". Branchez vos enceintes et écoutez. C'est trés parlant.

Soyez heureux.

Amitiés.

Ils avaient dîné dans un restaurant paisible de pains soignés, de fromages affinés et d'un excellent bourgogne. Ils avaient ensuite longuement marché le long des quais se Seine. Les édifices sortaient de l'ombre dans les lumières orangées diffusées par les Bateaux-Mouches. Puis ils étaient rentrés et avaient fait l'amour de manière torride, mais avec beaucoup de tendresse. A présent, il fumait, étendu nu sur le canapé. Elle revint de l'office une bouteille de champagne en main et lui servi une coupe. Elle était négligemment enroulée dans un drap et il lui sourit. Les fenêtres entr'ouvertes donnant sur la Place des Vosges laissent entrer un air doux et tiède d'avril. Elle se servit une coupe, ramena le drap autour d'elle, et s'installa sur le canapé aux pieds de son amant. Ils étaient silencieux. Elle aimait ce silence après le déchaînement des sens. Elle laissa son regard errer sur ce corps qu'elle aimait. Les cheveux étaient gris et drus. Coiffés à la sauvage. Le visage exprimait un curieux compromis. Il y avait à la base les traits d'un enfant lisse et doux, mais certaines expressions leur donnaient une dureté inattendue acquise au cours des années. Son torse était lisse et sa peau mate. Ses hanches étaient étroites, et ses cuisses fuselées. Ses mollets étaient finement musclés et l'attache de ses chevilles constituait un raffinement. Au centre de son corps, reposait sereinement une masse alanguie. Elle sourit en portant sa coupe a ses lèvres. Ainsi exposé, il paraissait fragile, presque cassable, si démuni. Pourtant ses bras étaient forts et ses lèvres douces. Elle aimait ses fesses. Leur rondeur, leur douceur, la cambrure presque féminine de ses reins. Ses reins dont il savait si bien faire usage pour la projeter parmi les étoiles, tandis qu'elle implorait grâce, mais aussi en réclamant qu'il continue toujours. Il semblait si fragile, mais il était si fort et viril. Un véritable paradoxe. Elle voulait lui parler depuis un moment, mais les mots butaient en son esprit. Elle ne savait pas comment aborder le sujet. Elle avait peur de briser la magie. Elle redoutait qu'il fuie. Elle redoutait aussi d'en concevoir de la tristesse et d'avoir commis la pire folie. Par amour. Par amour pour cet homme dont elle ne pouvait prévoir le destinée. Elle le voulait à elle seule. Elle voulait être sa compagne, son amie, sa confidente, sa fierté, sa soumise et son délicat objet de plaisir. Mais elle savait aussi que cet homme avait vécu, avait souffert, avait cru maintes fois à des chimères. Une garde prétorienne protégeait son cœur. Sous des apparences placides et fières, virulentes et acerbes, se cachait un homme fragile et tendre. Il soufflait sa fumée vers le vaste plafond du living. Son regard plongea dans le sien un instant semblant l'interroger, puis sa tête retomba sur le cuir. Ses yeux étaient de granit. Des yeux gris en amande. Ses lèvres étaient charnues. Elle ferma un instant les paupières, se remémorant sa tendre voracité à investir son sexe de sa bouche en la maintenant collée à lui jusqu'à ce qu'elle ait exprimé tout son plaisir et sa jouissance. Aucun homme n'avait su faire cela aussi bien avant lui. Jamais elle n'avait ressenti autant de douceur, de profondeur et de plénitude à se laisser aller, guider et conduire dans l'ascension vers l'orgasme. Et c'est car il lui apportait tout cela qu'elle voulait lui en offrir plus encore. Mais les mots lui manquaient. Et le courage aussi. Elle vida sa coupe, pris la bouteille dans le seau a glace et se pencha vers lui. Immédiatement elle sentit son corps se tendre, et son regard la pénétra tandis qu'il lui sourait. Ils trinquèrent doucement et leurs lèvres se rejoignirent en un baiser tendre. C'était le moment. Le moment ou jamais. Car ensuite elle n'oserait plus. Elle avait imaginé mille situations et autant d'entrées en matière. Pourtant lorsqu'elle ouvrit la bouche, sa voix lui parut presque étrangère :

- J'aimerai te parler...

Les yeux anthracite se posèrent doucement sur elle, et elle mesura l'envergure de son aventure.

- Oui ?

Une boule grossissait dans sa gorge. Dans sa tête, la voix de Mademoiselle Hélène, son professeur principale à Saint Jean de Passy hurlait "Évacuation. Exercice incendie. En rang deux par deux et suivez !"

La voix se fit doucement moqueuse :

- Lorsque cela commence ainsi, c'est mauvais signe. Veux tu me dire que tu es enceinte ou bien que tu me quitte ?

Quel con ! Le roi des cons. Mais il n'était pas fautif. Elle aurait du se douter que cette approche serait nulle. Elle avala une gorgée du liquide dorée, repose sa coupe et respira calmement.

- Depuis combien de temps nous connaissons-nous ?

Il réfléchit un instant et répondit :

- Je crois que cela va bientôt faire deux ans, non ?

C'était exact. Bientôt deux ans s'étaient écoulés depuis qu'elle l'avait aperçu dans cette salle des ventes à Paris, un jour pluvieux. Il lui avait décoché un sourire ravageur après avoir remporté contre elle des enchères pour une paire de chandeliers en étain. Il s'était ensuite présenter et lui avait proposé un thé dans une brasserie voisine. Elle avait accepté. Doucement leur idylle était née, bien qu'elle soit mariée. Son mari, souvent en déplacement, n'avait jamais constitué un obstacle. Elle se refusait à lui depuis cinq ans. Pourtant, dix fois, vingt fois, trente fois, ils s'étaient déchirés. Il était toujours parti. Elle était toujours revenue vers lui.  Et puis, récemment, par le plus grand des hasards, elle avait découvert ce qui au premier abord lui avait semblé extraordinaire. Extraordinaire non pas dans le sens d'inconcevable, mais plus justement comme un espoir fou totalement inattendu.

- C'est exact. Bientôt deux ans. Dis-moi... m'as-tu tout dit de toi depuis tout ce temps... ?

Il y eut un silence.

- Que veux-tu dire ?

A présent, dans sa tête, Mademoiselle Hélène de Saint Jean de Passy hurlait aux élèves de descendre l'escalier sur la rampe.

- Et bien, je veux dire que j'ai découvert récemment des choses te concernant. J'aimerais que tu m'en parle. Et aussi que tu m'explique pourquoi tu ne l'as jamais fait jusqu'à présent.

Il s'était redressé sur un coude et allumait une nouvelle blonde. Il souffla la fumée bleutée.

- De quoi me parles-tu ?

Dans sa tête, Mademoiselle Hélène de Saint Jean de Passy conseillait désormais aux dernières de sauter directement par les fenêtres ouvertes sans attendre les secours éventuels.

- Angedeverre, c'est bien toi ?

Elle sentit plus qu'elle ne vit réellement l'homme qui était allongé sur son canapé, se ramollir et tenter de s'effacer de son regard. Son front s'était couvert d'une fine sueur et la cigarette qui se consumait entre ses doigts tomba, répandant des cendres sur les tomettes cirées. Sa tête amplifiait les battements de son cœur. Elle eut la sensation d'avoir commis une faute impardonnable et la voix qui l'interrogea semblait venir de très loin :

- Comment es-tu au courant ? Comment as-tu découvert cela ?

Dans sa tête, Mademoiselle Hélène de Saint Jean de Passy venait d'avaler son dernier Tampax. Morte par étouffement, elle ne lui était plus d'aucun secours.

- Je l'ai découvert en surfant sur le net, par un total hasard, par la magie des mots clés. J'ai découvert ton site, j'ai lu tes textes, et j'ai reconnu ton visage.

Il y eut un long silence. Puis il parut reprendre contenance, s'assit en ramenant ses jambes à lui, vida sa coupe et ralluma une cigarette.

- Excellent. Je te décerne le diplôme de détective amateur.

- Ne sois pas idiot. Je ne te juge pas. Je voudrais comprendre.

- Comprendre quoi ?

Elle prit une cigarette dans son paquet, l'alluma et il la vit évoluer vers la fenêtre qu'elle ouvrit en grand. Le drap qui la voilait fondit à ses pieds. Ainsi, dans toute sa splendeur de femme rousse aux cheveux longs et aux yeux clairs, elle le dévisageait. Sa voix lui parvint étrangement rauque :

- Raconte-moi...

Il sentit le froid de la fatigue et le découragement l'envahir. Pourtant cette réaction de curiosité était à mille lieues de ce qu'il aurait pu imaginer. Il se resservit une coupe, alluma une blonde et respira profondément.

- Je ne vais pas tout te raconter sinon je vais me perdre en détails.

- Je t'en prie, raconte-moi... dis-moi les choses comme tu les pense, comme tu les sens, vas dans un sens ou dans un autre, mais ne me cache rien, c'est désormais inutile.

Alors il lui raconta son parcours. Il commença par son premier émoi en maternelle, vers l'age de quatre ans, où voyant sa première "amoureuse" fondre en larmes au cours d'une vaccination, il avait ressenti les sentiments étranges et antinomiques d'une forme d'excitation inconnue doublée d'un désir de la protéger et de la consoler. Puis il lui parla de son adolescence, de sa timidité et de son absence de succès. Il avait imaginé souvent le soir en s'endormant, les plus belles filles du collège soumises à ses traitements vicieux. Il parlait d'une voix monocorde, faisant parfois des pauses, pour remplir son verre ou allumer une blonde filtrée. Puis il lui cita les auteurs de ses lectures et finalement son basculement dans cet univers un soir de mai 1993 à Londres.

Tout le temps qu'il avait parlé elle était demeurée attentive. Elle était venu prendre une cigarette, était allé ouvrir une autre bouteille de champagne, avait refermé la fenêtre et avait tiré les rideaux. Elle était désormais assise nue face à lui dans un fauteuil Voltaire. Il la dévisageait et son regard semblait triste. Elle se sentait merveilleusement bien mais n'en laissait rien paraître.

Dans sa tête, Mademoiselle Hélène de Saint Jean de Passy, autrefois référente et assurance, lui apparaissait désormais comme une pauvre loque de bourgeoise frustrée méritant d'être prise en tournante.

Elle lui adressa un sourire timide.

- Continue, tu veux bien... ?

- Pourquoi me demandes-tu cela ?

Elle eut un geste apaisant.

Il hésita un instant, puis reprit son récit. Il lui évoqua les nombreuses soirées passées dans divers clubs. Il lui raconta la tristesse des lieux, la misère affectives des êtres, les fausses amitiés d'un soir. Sa voix avait reprit le même débit calme et monocorde, semblable a celle d'un somnambule. Doucement, sans faire de bruit, toujours attentive, elle avait changé de place et se trouvait désormais dans un fauteuil, proche de sa tête. Tandis qu'elle écoutait le récit de jeux rares, de quêtes absurdes autant que chimériques, son regard couvait ce corps allongé aux formes si subtiles et gracieuses. Le torse s'élevait et s'abaissait, les jambes se croisaient et se décroisaient nerveusement. Le sexe si délicat demeurait tranquille et inoffensif. Il parla aussi de ses rencontres sur le net et des ses espoirs déçus par des femmes sans profondeur ni sincérité. Combien de temps avait-il parlé, elle n'aurait pas su le dire. Sa voix était douce, chaude. Il construisait ses phrases, choisissait ses mots, exprimait ses ressentis trop longtemps contenus.

- ... et voila. Tu sais tout.

Il marqua une pause puis ajouta :

- Je peux comprendre que cela te choque. Si tu veux, je peux m'habiller et partir.

Ce fut certainement le déclic qui fit naître son plus ravissant sourire. Elle s'était agenouillée et son visage était à hauteur du sien, légèrement penché.

- Mon Ange... ?

Il la regarda en silence.

- Je voulais te remercier de m'avoir confié tout cela. C'est énorme, c'est insensé, c'est courageux. Tu n'as jamais varié dans ta quête de l'absolu. Pourquoi ne m'en as-tu pas parlé plus tôt ?

Il s'était redressé pour placer ses jambes en tailleur.

- Car c'est une époque passée. C'est terminé. J'ai évolué à une époque de ma vie dans un univers qui cristallise tout le mal être, l'absence de sentiment et l'égocentrisme des êtres. J'ai voulu naïvement y trouver l'amour, le réel échange et l'offrande. Il m'a fallu longtemps pour comprendre que les sentiments ne naissent pas dans le cuir. Hélas. Ensuite je t'ai rencontré et j'ai achevé de tourner la page, vers une normalité...

- Mais il n'y a pas de normalité, mon Ange... Il n'y a que des femmes sans courage ni désir.

Elle sentait sur elle son regard d'enfant. Un regard où se mêlait l'étonnement et l'espérance.

- Ce que tu as fait cette nuit est énorme. Tu t'es mis à nu. Tu es fragile et si désirable...

- Mais...

Elle était à présent nue, agenouillée au pied du canapé et sa voix sembla trembler pour la première fois.

- Ecoute-moi...

Il regarda sa longue chevelure rousse, croisa son regard couleur lagon et se perdit dans la blancheur laiteuse de ses seins généreux.

- Mon Ange, depuis deux ans tu me rends folle de bonheur. Chaque jour, chaque nuit, chaque instant passé avec toi est une féerie. Mais tu ne sais pas tout de moi...

Il voulut se pencher mais elle le retint en le plaquant par la poitrine contre le canapé.

- J'ai depuis très longtemps des fantasmes et des désirs que je me suis interdits. Par éducation, surestime de moi, par crainte des jugements et regards des autres, par stupide conformisme. J'ai compris il y a peu de temps que pour être heureuse, je ne devais plus me mentir. C'est comme cela que je suis aller chercher des informations sur le net et que je suis récemment tombée sur ton site. Au départ, j'ai cru que c'était une illusion, une simple ressemblance. Mais tes yeux ne trompent pas. En découvrant tes textes, j'ai été prise de vertige. Pendant deux ans tu as joué au gentil garçon policé et tu as masqué ta vraie nature. Ta seule faute est d'avoir chercher un absolu dans un univers peuplé d'inconséquentes. Ce soir, mon bel ange, c'est à moi d'être sincère avec toi. Depuis des années et même avant mon mariage, j'ai l'envie et le désir d'être guidée, éduquée, modelée et soumise à un homme ferme, doux, tendre et terriblement vicieux. Pendant des années, j'ai espéré que mon compagnon deviendrait plus strict, moins tristement conventionnel. J'ai rêvé de sa ceinture sur mes reins, de sa poigne sur ma nuque, de baisser les yeux et de me soumettre à ces désirs. Mais il est toujours demeuré terne et sans originalité. Lorsqu'il a senti que je me détachais, il a tenté de me mettre enceinte. Depuis ce jour là, je n'ai plus jamais partagé son lit...

- Dis-moi que je rêve...

- Non, c'est bien réel. J'ai envie d'apprendre, de vivre et de découvrir lentement tous ces jeux et plaisirs.

Il voulut parler, mais elle se leva en souriant, disparu un instant et revint se placer à l'identique, entre ses jambes. De sa main droite, elle lui tendit un document papier plié. La fatigue et le vertige le gagnaient. Il déplia le document et le parcouru rapidement. Son regard revint vers elle. Hébété.

Elle était superbe. Ses longs cheveux encadraient son visage rosi par l'émotion. Ses seins lourds et laiteux, parcourus de tendres taches de son s'élevaient et se gonflaient.

- C'est juste pour t'indiquer que mon divorce a été prononcé ce matin a onze heures. Je conserve l'appartement, il n'y remettra plus jamais les pieds et ses affaires sont déjà dans un garde meuble. Alors voila... j'ai désormais envie de vivre un véritable amour, de ne plus taire ma vraie nature et d'être accompagnée par un homme que j'aime. Si tu veux bien de moi, je souhaite devenir ta compagne soumise. Plus rien ne me retient, je suis libre et je me veux à toi, entièrement.

Sous l'émotion, il fondit en larmes. Elle pressa tendrement son visage contre sa poitrine tiède. Elle était heureuse.

Lorsqu'ils refirent l'amour, les premiers rayons du soleil pointaient sur la Place des Vosges.

Le Vieux : http://www.dailymotion.com/swf/x3tge

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18 octobre 2007

ABATTAGE

cimetiere_de_soumisesCa clignote un peu. On se croirait dans une fête foraine dont le circuit serait "lisez-moi, regardez-moi, écoutez-moi, désirez-moi". A en baver. A en crever. Pour presque rien, sauf l'illusion des sens. L'ivresse féerique quasiment gratuite pour les habitués de l'eau plate.

Clic, clic, clic... Tout le monde apparaît beau. Ceux qui sont laids le cachent. Ainsi, l'on suppose que...

Ca clignote gravement. Un peu de rouge pour attirer le regard et plein de formules pour conjurer le secret désespoir. Certains textes sont en noir, comme pour masquer aux regards celui censé être un miroir. Un miroir glamour pour Elle. Sa Elle. Une simple truie sèche, macquée à un cocu, superficielle et sans honneur.

A Vincennes, certains soirs, cela se joue en nocturne, mais ici la course est permanente. Jour. Nuit. Jour. Nuit. Les alliances se font et se défont. On y sent presque les odeurs de crasse et de sueur aigre, ainsi que les relents de bites et de chounes.

Les bonsoirs sont ici poudreux et impersonnels. Ils s'écrasent contre des murs d'indifférence. Des mots naissent sous des milliers de doigts, transportant tristesses, attentes et désirs. En face, les postes restantes opèrent un tri sélectif : " Dis-moi que je suis belle. Dis-le-moi encore. Dis-moi que j'existe. J'existe ? Oh ! Fais-le moi sentir. Fais moi sentir comme tu me désire. Oh ! Oui... Oh ! Oui, dis-moi encore que je suis ta petite chienne. Dis-moi comment tu aimerais me bouffer le trou du cul et t'y perdre !!! Puis une pause. Le silence. Électrocardiogramme plat. Tant pis pour celui qui n'a pas eu le temps de jouir.

Dans ce maelström, la nouvelle venue est perdue. Elle a trente-cinq ans. Elle est célibataire mais exprime sa liberté et son peu d'attirance pour la bave et les doudous. Elle a réalisé un joli texte court, simple, succinct. Il s'en dégage plaisir, sensualité, curiosité avec une touche d'effronterie bien hexagonale. Mais elle est très classique. Nulle place auprès d'elle pour les forcenés du coït, a fortiori multiple. Elle est arrivée par hasard, comme les éponges échouent sur les rivages au gré des vagues, après les tempêtes. Un courageux lui a fait découvrir ces jeux avant de disparaître. Il a bien sur oublié de lui apprendre les règles et les mises en garde. Ainsi, elle joue le jeu. Son joli sourire et sa peau laiteuse de vraie rousse apparaissent dans des lucarnes auprès de sa prose. Cela fait grimper sa cote bien qu'elle l'ignore.

Ca clignote plus sévèrement. Elle picore encore deux pistaches et trempe ses lèvres dans son Gin avant d'entrer de plein pied dans la folle danse. Immédiatement, elle est absorbée. Le microcosme s'est donné rendez-vous pour être le premier à ses cotés. Flattée, elle compose deux remerciements puis les expédie avant d'aller passer un déshabillé turquoise.

Désormais ça clignote à mort. Elle lit, répond brièvement puis passe au suivant. Elle ne sait même pas qui l'a contacté. Les messages s'amoncellent. La malheureuse s'éreinte et bute sur les touches. Elle manque de renverser son verre de gin en piochant une cigarette.

"Je vais te corriger petite chienne !!"

"Appelle-moi Maître !!"

" Tu as déjà pris une anguille dans ta chatte ??"

" Je veux te piercer, te tatouer, te brûler, te scalper, te manger."

" Je veux tout de toi."

" Tu aimerais que je te chie dans la bouche ??"

" Ne parle plus, ne pense plus, ne respire plus !!"

Elle s'essouffle, mais il lui reste encore des messages de brouteuses de gazon.

" Avec moi tu seras battue et fouettée chaque jour"

" Veux-tu que je te morde et te gifle ??"

" Envie de t'attacher et de te dilater..."

" Parle-moi de ton enfance, petite pute"

Elle n'en peut plus. Sa cigarette s'est consumée. La tête lui tourne, la nausée est proche. Pourtant, ça clignote encore et toujours. Sans fin. Des tombereaux de merde gluante se déversent sur elle.

Elle voulait juste découvrir ce monde et y trouver sa place auprès d'un gentil garçon. Elle l'a souvent imaginé. En repensant à sa première fois, elle s'était souvent dit que cela avait été une erreur. Cela ne pouvait pas être juste "Ca". Trop rapide, trop laid, trop sale. Comme un invisible doigt dans le cul au fond d'une backroom pisseuse. Elle le souhaitait doux, tendre, attentif et rassurant. Elle voulait pouvoir parler des fleurs, de sa passion pour la peinture et la littérature. Expliquer qu'elle adorait les gaufres au miel, faire des ricochets sur l'eau, se promener sur les quais de seine, et puis aussi, bien sur... qu'elle souhaitait être douce et prévenante, humble et sereine... qu'en s'endormant mille images accompagnaient sa main qui lentement s'insinuait entre ses cuisses. Que cela la rendait moite et haletante. Que son plaisir était à chaque fois court, inachevé, frustrant. Que des larmes emplissaient ces yeux. Elle aurait voulu pouvoir expliquer à ce garçon charmant, qu'elle voulait appartenir, être aimée, battue et salie par amour. Oh ! Oui, elle le souhaitait tant pourtant...

Elle cliquât sur le carré rouge croisé de blanc en haut à droite de l'écran qui redevint noir.

Elle éteignit derrière elle et quitta la pièce.

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12 octobre 2007

S. 000 001

tn02Elle était nue et immobile, debout au centre du salon. Les volets vénitiens la striaient. Il flottait dans l'air un léger parfum aux effluves de menthe fraîchement écrasée. Elle semblait sortie d'un rêve. Son corps était une liane inanimée. Suspendue. En attente. Jambes légèrement écartées, les mains jointes dans son dos, elle fixait sereinement le sol. Malgré la température convenable, sa peau subtilement dorée irisait de fines gouttelettes de sueur. Sa longue chevelure abondante et auburn cascadait jusque bas dans son dos. Ses yeux bridés avaient la magnifique couleur de l'émeraude. Ses traits étaient fins, presque européens. Sa bouche pulpeuse et sensuelle était tendrement nacrée. Son cou formait une délicate attache rejoignant des épaules tendres et voluptueuses. Ses seins avaient les courbes inachevées de l'adolescence. Deux petits blocs fiers et dodus au centre desquels pointaient deux adorables tétons arrogants. Sous la peau fine apparaissaient les cotes, mais après le centre de son ventre, ses hanches s'évasaient docilement pour offrir l'amorce de ses jambes. Elle avait des cuisses musclées mais fines. Ses mollets galbés se terminaient par des chevilles bien dessinées. Ses pieds étaient petits, étroits. Ses fesses formaient une courbe naturelle entre son dos et ses jambes. Étroites et bien serrées. Elle était vietnamienne. Son prénom était Sen, qui signifie Lotus. A vingt-cinq ans cette jeune femme était vierge. Nullement pas dépit, mais muée uniquement par le profond désir de s'offrir à celui qui la mériterai, et qu'elle désirerai en retour.

Le ventilateur ronronnait doucement et par la baie ouverte, une très légère brise faisait voleter un fin voilage. Un voilier était ancré au loin dans la crique.

Il fit claquer ses doigts et le son se répercuta contre les quatre murs.

Sans un mot, docile, Sen alla jusqu'au bar en acajou. Lorsqu'elle revint, elle portait un verre de cognac qu'elle lui présenta à deux mains, entre quatre doigts, en s'inclinant afin qu'il puisse le saisir sans décoller son dos. Puis elle s'agenouilla, assura sa position et redevint immobile. Cette fille était sa perle. Aucun homme n'avait jamais franchi les frontières de son ventre ou de ses reins. Lui-même avait consenti tout récemment à briser celle de ses lèvres, après un cruel dilemme entre son profond désir et sa quête d'absolu. Sen l'avait reçu et avalé comme un don du ciel. Il l'avait rencontré un an plus tôt dans une galerie d'art à Paris, où elle exposait pour la première fois. Il avait ensuite doucement découvert cette jeune femme douce, réservée et pudique. Elle lui avait avoué quelque mois plus tard sa particularité ainsi que ce a quoi elle aspirait. Elle désirait demeurer totalement vierge, mais être impitoyablement soumise. Un temps perdu, mais follement amoureux, il avait accepté. Sen était une amante délicieuse et sensuelle. Son obéissance et son respect étaient sans défaut. Sa douceur et son écoute, permanente. A présent elle était prosternée dignement à ses pieds, la taille étroitement ceinte dans un serre taille de cuir noir lacé sévèrement, qui constituait son uniquement vêtement. Il but un peu d'alcool et posa sa main sur les cheveux sagement coiffés. Après un instant, Sen releva la tête et son visage vint s'installer au creux de la paume de son Maître. Ses yeux extraordinairement clairs lui souriaient. Elle était sereine. Sa soumission était si évidente, qu'en guise de collier elle portait simplement un fin ruban de soie noire, délicatement noué sur le coté. Doucement, il retira sa main et lui indiqua la tablette. Sen lui offrit un magnifique sourire, ses yeux plantés dans les siens puis s'arracha à lui et alla se positionner comme il le désirait. La tablette avait été conçue selon son plan. C'était un objet unique. Entièrement réalisée en plexiglas transparent, très haute sur pieds, elle lui permettait de s'asseoir confortablement en dessous. Au-dessus, Sen n'avait qu'un espace réduit lui permettant de s'accroupir en se maintenant éventuellement d'une main. Il but une gorgée d'alcool puis des yeux lui donna le signal. Docilement, Sen ouvrit ses jambes et lui dévoila un abricot aussi lisse qu'à son premier jour. Ses grandes lèvres étaient épaisses, s'écartant tendrement pour laisser apparaître une tendre conque rose. Ses doigts se dirigèrent vers son clitoris qui saillait fièrement. Il ne la quittait pas des yeux et régulièrement les siens venaient à sa rencontre. Elle pouvait lire son désir, comme il lisait l'ascension de son plaisir. Sa respiration devint haletante, son regard le cherchait, mais elle n'y lisait pas ce qu'elle désirait tant. Elle lutta, jouant avec ses nymphes, les écartant, les étirant, revenant au centre d'elle, mais le regard de son Maître demeurait fermé. Elle se mordit la lèvre et repris ses caresses en tournant lentement et délicatement autour de son bourgeon épanoui. Elle mourait d'envie de se laisser aller, mais n'en avait pas le droit. Un regard vers le bas de la planchette lui offrit enfin le signal tant attendu. Il acceptait. Il désirait. Elle pouvait. Elle devait jouir. Ses caresses se firent plus précises, concentrées et rapides. De sa main libre elle se tenait à un coin de la tablette et maintenait son équilibre précaire. Soudain, ses cuisses s'écartèrent davantage, sa main se bloqua sur son ventre et un long gémissement s'échappa de sa gorge. Il vit la tablette se couvrir de fines gouttes puis être totalement noyée sous un bref déluge dont quelques vestiges l'atteignirent sans qu'il n'y prenne garde. Sen était vierge, mais également femme-fontaine. Il se leva et vint la prendre dans ses bras. Leurs lèvres se rejoignirent en un très long et très profond baiser. Il lui indiqua le tapis épais au centre de la pièce. Docilement, après une dernière étreinte, elle s'y plaça à quatre pattes, le dos bien cambré, les fesses bien offertes, lui offrant son ventre couvert de rosée.

Lorsque le fouet zébra furieusement son dos, elle ne retint pas le hurlement rauque qui lui échappa.

Ce n'était pourtant que le premier coup d'une très longue série.

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23 septembre 2007

A SILENT LOVE

oreille_1Dire qu’elle le rencontra de la manière la plus stupide serait une contrevérité.

Cela se fit au contraire de façon charmante, bien que décalée.

Elle lui réclama du feu. Il la considéra un long moment sans bouger, puis porta vers elle une assiette de toasts. Déstabilisée, Aurore prit un canapé au foie gras et posa sa cigarette sur le bord du buffet. Lorsqu’il vit le tube filtré, Boris claqua sèchement des doigts en direction d’un extra sans bouger les lèvres. Un instant plus tard, il présentait une allumette enflammée. Aurore voulut s’y allumer mais sa gorge était sèche. Elle toussa et éteignit de fait la faible source. Boris lui présenta alors une flûte de champagne. Aurore voulut la saisir, mais ses doigts encombrés la trahirent et la flutte explosa au sol. Elle demeura un instant interdite. Après avoir fixé un instant son regard émeraude, Boris décida de tout recommencer calmement. Il prit la cigarette coincée dans les doigts fins, l’alluma puis la lui présenta. Puis il garnit une petite assiette de canapés variés, obtint deux nouvelles flûtes et lui désigna la vaste terrasse qui surplombait un jardin à la Française. C'est ainsi qu'elle fit la rencontre de cet homme peu ordinaire.

Boris était sourd. Mais pas de naissance. Ainsi, les bruits, les sons étaient-ils pour lui presque inexistants mais nullement dénués de sens. Par ailleurs, même sans s'entendre lui-même, il lui arrivait fréquemment de parvenir à s'exprimer d'une voix étrangement grave, bien que claire et cohérente. Les mots connus et adaptés aux circonstances n'avaient pas fui son esprit.

Cette soirée de mariage d'une vague connaissance se passa extrêmement communément, si l'on choisi d'occulter qu'a cinq heures du matin, Mademoiselle Aurore De la Bardonnière fut inopinément surprise par un couple de ses amis qui goûtaient innocemment la fraîcheur dans le parc. Il fut rapporté plus tard par eux, qu'Aurore semblait manifestement ivre et qu'à la faveur de l'obscurité, dans une toilette défaite, qui n'en avait plus que le nom, elle suçait avec une sensualité exacerbée un homme muet qui marquait en cadence son dos, armé d'une ceinture.

Aurore était née à Genève trente-cinq ans plus tôt d'un père français et d'une mère indienne, tous deux diplomates. Ses traits étaient fins, sa peau légèrement cuivrée, ses seins menus. Elle était mince et plutôt grande sans être élancée. Sa longue chevelure d'un noir de jais encadrait sensuellement son visage et cascadait dans son dos presque jusqu'aux reins. Les internats, la solitude, la frustration, les cartes postales, puis les vexations diverses sans oublier les attouchements lesbiens adolescents, rien de tout cela ne lui fut épargné. Fuyant Genève pour Paris, elle sorti quelques années plus tard, Major de sa promotion à l'École Polytechnique, s'engouffra dans la voie royale des Ponts et Chaussées, puis hérita d'un superbe duplex sur l'Ile Saint Louis. Elle tomba enceinte bêtement d'un stupide exalté croisé aux Champs Elysées le fameux soir de la coupe du monde de football. Le stupide exalté fut renvoyé et l'intrus intra-utérin fut aspiré. Bien sur, il y avait les collègues, les copains de promo, leurs copains à eux. Et puis aussi les copains des copains de leurs copains. Une longue et morveuse traînée de types louvoyants, entre-deux, mariés, pacsés, camés, impétueux, orgueilleux, mais Aurore s'ennuyait généralement avec eux, passé les cinq premières minutes.

De Boris, Aurore apprit finalement très peu de choses, même au fil des mois et des années. Elle ressenti la nécessité ou l'impératif de ne pas trop tenter ou chercher à en savoir plus qu'il ne lui accordait. Au demeurant, elle connaissait l'essentiel, et quelques détails supplémentaires n'auraient pas apporté beaucoup de différence. Boris était de quinze ans son aîné. C'était un slave. Dans les conversations qu'il lui offrait revenaient souvent les thèmes de l'empire Ottoman, de Saint Petersbourg, de Nicolas II et de la désastreuse révolution de février 1917. Il lui expliquât n'avoir jamais été marié et avoir connu quelques shampouineuses pour contrebalancer les éphémères gazelles de la jet-set. Il s'était toujours interdit les escort-girls qu'il méprisait viscéralement. Le premier soir où il la convia dans son atelier d'artiste de la rue des Grands Augustins, Aurore remarqua sommairement accroché à un mur un portrait de Pierre le Grand. Piotr Alexeïevitch Romanov. Tzar de Russie. Boris lui confia que c'était la seule et unique toile qui ait une réelle valeur ici. A la revente, elle lui aurait permis d'acquérir la moitié de l'arrondissement. Pourtant, elle était simplement suspendue à un clou rouillé qu'il ne se souvenait pas avoir lui-même planté.

Des le départ, Boris avait sagement et savamment fixées des règles. Aurore s'était demander s'il en ressentait le réel besoin pour elle ou pour lui-même. Mais finalement, elle s'était aperçue que toutes celles ci lui convenaient et ne l'entravaient nullement dans un quelconque sens. Elle se garda bien pourtant de lui en faire part. Le principe dans les grandes lignes était extrêmement simple, pratique et abordable : Nul ni rien ne devait faire obstacle a leurs désirs mutuels. Le jour, la nuit, les heures et le monde extérieur étaient purement escamotés au bénéfice de leurs échanges. Il flottait un léger parfum autarcique qui, bien que nullement exprimé, rendait l'ensemble calme, serein, complice. Même dans ces conditions, il ne faut pas imaginer que le couple se livra à une incessante et névrotique débauche des sens et de la libido. Non. Du moins pas totalement. Pas au début. Simplement, la réunion prévue a onze heures au siège était décalée au lendemain. Les chantiers, vernissages, dîners ainsi que toutes les autres tentatives vicieuses d'ingérence, même involontaires, étaient calmement discutées puis expédiées. Aurore redécouvrit le plaisir de déguster son café au lit, accompagné de deux tartines de pain croustillant légèrement beurrées et nappées d'un miel corse épais et puissant. En retour, Boris se pâmait profondément en ressentant l'effet de la langue agile d'Aurore lorsqu'elle celle ci s'insinuait dans son anus ou léchait ses orteils.

Ils marchaient main dans la main dans les rues de la capitale. Elle lui parlait à l'oreille. Il la regardait complice et parfois, butait contre le trottoir. Son rire cristallin, qu'il ne pouvait entendre, mais devinait clairement, s'échappait de sa gorge et il lui répondait dans des tonalités plus graves. Toutes les boutiques fétichistes les accueillaient au champagne. Qui aurait pu dire lequel des deux avait le plus de plaisir à choisir une tenue ou à ressentir l'approbation dans les yeux de l'autre ?

Aurore était fessée, fouettée, cravachée, canée. Elle portait des pinces aux seins ou aux lèvres (voire les deux) des journées entières. Son anus qu'elle lui avait offert vierge, était désormais capable de se distendre pour accueillir la main entière de son amant et Maître. Ils demeuraient alors de longs moments immobiles, guettant le souffle de l'autre, cherchant leurs pupilles, buvant leur bouche, attentifs mutuellement à leurs plaisirs. Boris était un homme au toucher exceptionnel. Son sens défaillant avait du transmettre le relais. Merveille du corps humain, de ses ressources, de sa sensibilité et de son intelligence. Ses doigts agiles, légers, aériens, parcouraient le corps de la belle qui haletait, se cambrait, s'ouvrait, s'offrait, sans jamais perdre la cadence naturelle, la blesser ou l'abandonner. La pression, la douceur, la rugosité de ses mains semblaient tour a tour naturelle. Les spasmes faisaient naître des jouissances. Les jouissances faisaient naître des orgasmes. Les orgasmes la faisaient hurler à en perdre l'esprit. Ils jouaient comme deux enfants. Le jeu était devenu quasi-permanent. Aurore finit par démissionner et s'offrit le plaisir d'abandonner son string parfumé au Shalimar sur le bureau de son boss, petit homme gras et chauve, qui fit un infarctus le soir même. Dans les salles de ventes, les toiles de Boris recevaient des éloges de plus en plus flatteurs. Une exposition fut organisée dans une galerie de l'avenue Matignon. Fidèle soubrette, amante, compagne et soumise, Aurore serrait les mains et distribuait des bons mots. Élégante dans une robe d'alpaga pourpre, elle était pourtant secrètement et sévèrement sanglée dans un corset de cuir ainsi que doublement pluguée.

Bien sur elle ne fut jamais interrogée sur le sujet, mais il est autorisé de penser que jamais aucun homme ne lui offrit autant de plaisir, de plénitude, de satisfaction, et d’assurance. Il ne parlait presque pas, il n'entendait absolument rien, mais il possédait une force intérieure. Elle lui avait apporté un complément et il avait su lui offrir les secrets de sa personnalité hors norme. Battue, remplie, forcée, maintenue, elle existait pleinement. Sans autre besoin ni désir.

Un soir, Aurore reçu un texto de son Maître. Il venait de rentrer chez lui et l'atelier avait été cambriolé. Rien ne semblait avoir disparu à l'exception du portrait de Piotr Alexeïevitch Romanov. Tzar de Russie. Elle sauta immédiatement dans un taxi, mais à son arrivée, la police lui apprit ce qu'elle n'aurait jamais imaginé : Boris Romanov, arriere-arriere-arriere petit fils de Pierre 1er de Russie, dit Pierre le Grand s'etait suicidé.

Elle subsista quelques jours dans un épais brouillard, entrecoupé de crises d'hystérie auxquelles succédaient de longues périodes d'inertie totale. Sa raison vacillait mais une chose était limpide dans son esprit affaibli : Elle n'avait connu l'amour entier, sincère, total, désintéressé qu'une seule fois. Dans les bras d'un homme qui parlait peu. Dans les bras d'un homme qui n'entendait rien. Mais dans les bras d'un homme qui, au-delà de cette différence, avait su lui faire vivre entièrement, totalement, ce qu'elle avait si longtemps souhaité sans avoir jamais pu l'exprimer.

Il etait insurmontable de lui survivre. Elle ne le pouvait pas. Ne le souhaitait pas.

Le gentil peuple des moutons ne lui offrait plus la moindre saveur.

Son dernier matin, Aurore sortit acheter deux seringues et une bouteille de soude caustique.

De retour chez elle, elle s'injecta simultanément dans chaque oreille une seringue pleine d'acide

Elle décéda dans des hurlements et des souffrances abominables.

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11 août 2007

LES DECHETS

Grosse_2Les dominas, vous connaissez ?

Non ? Mais si...

Vous en avez certainement déjà croisé, mais sans le savoir...

C'est que le jour, elles font leur marché. Cabas dans une main et Mirza dans l'autre.

Ou bien elles sont dans un bureau sombre à coté des gogues, dans l'étude d'un notaire sénile ou chez un inspecteur des impôts.

Eh, oui...

C'est le soir et la nuit qu'elles vivent.

Elles passent leurs soirées sur le net, à se rajeunir de quinze ans, à donner la réplique à des pauvres types un peu paumés. Elles nourrissent leurs désirs infantiles et pervers. Finalement, l'un d'eux finit toujours par craquer et quelques jours plus tard, ils atterrissent en club, lui en planque de Bobonne.

Ce soir donc, nous passons un délicieux moment. Des couples jouent, complices. D'autres discutent à voix basse ou apprécient du regard une situation en sirotant un alcool. La sérénité règne.

La sonnerie de l'entrée du club résonne.

Quelques minutes plus tard, ce que nous apercevons glissant péniblement le long des marches de l'escalier est sensé être une femme. Celui qui la suit, chétif, malingre, pale, nu et grotesquement affublé d'un slip rose en dentelles est sensé être un homme. Il est passablement fripé et totalement dégarni.

Le fou rire me guette et je me retiens à grande peine.

J'ai toujours hurlé de rire devant ce type de tableau. Il n'y a rien à faire, je ne le contrôle pas.

Elle doit avoir la soixantaine et lui une quinzaine de plus. Cependant, les doutes ne font visiblement pas partie de leurs valeurs.

L'assistance présente est devenue muette. Entre ceux qui observent surpris, médusés, incrédules ou goguenards, le choix tacite du silence s'est imposé tout naturellement.

Ainsi, sans le moindre complexe, "Madame-Michu-du-quatrième-étage-à-gauche-au-fond-du-couloir-sonnez-fort-car-j'entends-mal" est subitement apparue, accompagnée d'une sorte de gnome. Elle s'installe comme une reine dans un fauteuil qui gémit sous elle. Ses formes adipeuses ont déformé le vinyle qui la ceint. Peu importe. Le sourire aux lèvres et sa cravache Décathlon en main, elle ne craint rien ni personne. Entre temps, son Mimil est de retour du bar. Il évolue comme une danseuse malhabile, à genoux, un verre dans chaque main.

J'en suis à me mordre le poing et mes yeux humides laissent s'échapper des larmes.

Pascal, gêné, me réclame de la mettre en sourdine, craignant pour l'ambiance à venir.

Sauf que l'ambiance, depuis cinq minutes, elle est complètement flinguée...

Cela suffit, j'ai suffisament ri et les plus courtes sont les meilleurs. Pascal, commerçant, ne réagit pas.

Je décide que nous rentrons. J'ai subitement besoin d'air pur, d'intimité et de te faire l'amour.

Envie de sentir dans mes mains tes seins doux et frais.

Envie de contempler les dunes de tes fesses que j'aime engloutir autant qu'investir.

Envie de poser ma tête sur ton ventre plat et doux.

Envie de sentir ta langue de velours s'enrouler lascivement autour de mon gland gorgé.

Envie de déguster ton abricot mur et pourtant si ferme, chef d'œuvre d'une nature complice qui l'a souhaité juvénile pour le restant de tes jours.

Envie de plonger mes yeux dans les tiens, lorsque ton regard chavire comme à regret tandis qu'au centre de ton ventre, l'orgasme monte inexorablement, menaçant de faucher ce qui te reste de raison en ces instants divins.

Envie que ma voix couvre la tienne, te hurle combien je t'aime, en réponse à tes plaintes amoureuses.

Tu m'as compris. Tu me souris et abaisses tes paupières. Nous partons donc.

Ah, tout de même... Le temps que je règle ce que nous devions et que nous soyions dehors, j'ai eu le temps de noter visuellement ceci : L'infecte gynarchiste gérontophile, ventre ridé, chatte poilue innommable et seins abyssaux, était penchée sur sa loque couillue. Elle semblait déjà parvenue au but : Le minable étron recroquevillé au sol rendait un peu de bave qui lui barbouillait le menton, ainsi qu'une légère goutte de foutre sur la moquette.

Cela devenait pathétique.

Il était effectivement temps de quitter les lieux...

Posté par angedeverre à 02:07 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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